Alopécie ou calvitie

Pour élaborer une stratégie anti-chute la plus efficace possible, il est essentiel de différencier l’alopécie, qui peut être provoquée par différents facteurs, de la calvitie.

L’alopécie trouve son origine étymologique dans le mot grec alôpekia (alôpex, renard), la chute des cheveux étant comparée à la chute annuelle des poils du renard.

La calvitie, elle est d’origine latine, plus précisément attachée au mot calvus qui signifie chauve.

La première signifie que l’on est en train de perdre ses cheveux, la seconde que le processus est en réalité à son stade terminal.
En fait, la calvitie est une alopécie qui a évolué défavorablement. Les cheveux définitivement tombés ne repousseront jamais.

Alopécie

Distinguons l’alopécie aiguë de l’alopécie progressive.
Contrairement à ce que l’on pense souvent les alopécies ou chutes aiguës sont moins graves que les alopécies progressives ou chutes chroniques.

Alopécies aiguës

Elle peut être provoquée par de multiples facteurs internes, psychiques ou environnementaux :

• Post-partum

On constate des chutes importantes après un accouchement. Si pendant la grossesse l’abondance des sécrétions hormonales stimule la pousse, à l’accouchement tout s’interrompt, entraînant dans les 8 à 10 semaines suivantes une perte importante de la masse-cheveux qui peut se réduire d’un tiers.
Fort heureusement tout rentre dans l’ordre dans les mois qui suivent. Il est intéressant de noter que cette chute ne survient pas tant que la femme allaite.
La chute peut aussi intervenir suite à un avortement ou une fausse couche.

• Carences nutritionnelles

Cures d’amaigrissement, régimes draconiens trop souvent répétés sont nuisibles à l’état de santé général mais aussi pour celui des cheveux. Les anorexigènes (médicaments coupe-faim) sont le plus souvent de véritables cocktails explosifs à base d’amphétamines qui favorisent l’alopécie.
La chute de cheveux induite par une alimentation appauvrie en protéines, vitamines et acides aminés stoppe dès que les apports redeviennent suffisants.

• Choc émotionnel

Un choc émotionnel violent (Perte d’un être cher, divorce, accident de voiture, annonce d’une maladie grave…) peut entraîner une chute spectaculaire et massive des cheveux. Durant la dernière guerre certaines personnes sont devenues quasiment chauves en quelques jours.

• Stress

Qu’il soit post-chirurgical, post-partum, post-accidentel ou post-surmenage intellectuel ou physique le stress peut également déclencher une chute importante des cheveux.

• Maladies infectieuses

Grippe, typhoïde, scarlatine, mononucléose infectieuse… peuvent à l’instar de toute fièvre élevée prolongée provoquer une chute de cheveux brutale mais la plupart du temps réversible.

• Traitements médicamenteux

Certains médicaments (anticoagulants, antithyroïdiens, parfois antidépresseurs et bien sûr tous ceux inclus dans les traitements par chimiothérapie) sont aussi incriminés dans la chute des cheveux. Dans ce dernier cas la chute est spectaculaire et le plus souvent totale mais les cheveux repoussent à l’arrêt du traitement, dans certains cas même, plus abondants qu’à l’origine.

• Causes locales

Attention aux décolorations, permanentes, lissages et défrisages mal maîtrisées surtout réalisés à domicile. Malgré leurs progrès incontestables dans leur version “ maison ”, mieux vaut confier la réalisation de ces techniques, à des experts capillaires, surtout en cas de cheveux naturellement fragiles.

Alopécie diffuse chronique

On parle d’alopécie diffuse chronique lorsqu’il s’agit d’une chute de cheveux évoluant depuis plus de six mois.
Elle peut être provoquée par un dysfonctionnement thyroïdien (l’hyperthyroïdie est responsable de cheveux fins et cassants, l’hypothyroïdie d’une chute conséquente), une anomalie calcique (cheveux fins et raréfiés), une carence en fer ou en zinc.

Alopécies progressives

Les alopécies progressives sont moins spectaculaires mais beaucoup plus ennuyeuses. Il convient dans ce cas de faire la distinction entre l’homme et la femme, l’alopécie progressive entraînant le plus souvent une calvitie définitive chez les premiers. Ce qui n’est pas le cas pour les secondes.

La cause la plus fréquente est l’alopécie androgénogénétique qui le plus souvent s’accompagne d’une hyperseborrhée. Elle évolue différemment chez l’homme que chez la femme car il est rare d’observer chez la femme une zone totalement glabre.

• Alopécie Masculine

Chez l’homme la cause la plus fréquente de chute de cheveux est l’alopécie dite “ androgénogénétique ”.
Physiologique, elle n’est en aucun cas une maladie, mais elle traduit une trop bonne réponse des récepteurs hormonaux du bulbe aux hormones mâles.

Elle débute vers 16-18 ans dans un contexte de calvitie familiale et évolue par poussées paroxystiques de 3 à 4 mois jusqu’à une perte quotidienne de plusieurs centaines de cheveux. Certaines formes plus lentes débutent vers la trentaine.

Un homme sur trois démarre une calvitie entre 25 et 30 ans, un sur deux entre 45 et 50 ans. L’âge auquel interviennent les premières chutes est capital. Plus elles débutent jeune (18/20 ans) plus l’évolution sera rapide pour arriver à une calvitie complète vers l’âge de 30 ans.

En revanche si un individu a conservé la moitié de sa chevelure vers la quarantaine, il est plus que probable qu’il ne se dégarnira plus ou très lentement pour arriver à une réelle calvitie vers la cinquantaine.

L’alopécie androgénogénétique commence en général par un recul de la lisière frontale, évolue par une atteinte des « golfes » au niveau temporal, pour arriver à la formation d’une tonsure sur le sommet du crâne, mais certains peuvent commencer au contraire par un dégarnissement sur le sommet du crâne.

Pourquoi cette alopécie androgénogénétique chez certains individus ?

Les bulbes sont programmés pour la fabrication d’un certain nombre de cheveux pour toute la vie (chaque bulbe est programmé pour produire de vingt à vingt-cinq cheveux, chaque cheveu ayant en moyenne une durée de vie de 6 ans).

Chaque bulbe possède un récepteur aux hormones mâles. Or les cheveux de certaines zones du crâne, à l’exception de la  » couronne « , possèdent chez certains individus, de façon génétique, des récepteurs plus sensibles aux hormones mâles, ce qui va entraîner une pousse plus rapide du cheveu, un cycle pilaire raccourci, des cheveux de plus en plus courts et de plus en plus fins, aboutissant ainsi à un épuisement prématuré du “ capital cheveux ”.
Au bout d’un certain temps, il n’y a plus de programmation pour de nouveaux cheveux, c’est l’apparition du duvet puis de la calvitie.

• Alopécie féminine

Elle a bien sur les mêmes origines que celles de l’homme. S’y ajoutent certaines causes bien spécifiques comme les bouleversements hormonaux qui arrivent aux trois grandes étapes clés de la vie d’une femme : adolescence, grossesse, ménopause.
La chute est alors due à un excès d’hormones mâles (pilule à climat androgénique, tumeur ovarienne ou surrénale) ou à une baisse des hormones féminines.
Ainsi en cas de chute diffuse s’étalant sur une période de plusieurs mois, il est indispensable d’effectuer un bilan hormonal, en particulier au moment de la ménopause.