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Cheveux :
Un peu d'histoire

Plus de trois mille ans avant J.C, se faire couper les cheveux dans la société égyptienne était un signe de raffinement. On connaissait depuis fort longtemps déjà, l'usage des perruques faites de vrais cheveux et de fibres végétales souvent nattées en fines tresses. 

 

La coiffure était un élément important de la vie sociale et permettait la distinction des différentes castes et des fonctions occupées. 

 

Très soucieux de la beauté et de la santé de leurs cheveux les Égyptiens concoctaient de savants mélanges dont on a retrouvé les "recettes" sur nombre de papyrus. 

Ainsi ce savant mélange dont il est fait référence dans le papyrus d'Eberth (1555 av. J.C.) et dont toute l'ambition était de faire pousser les cheveux : graisse de lion, d'hippopotame, de crocodile, de chat, de serpent et de bouquetin, le tout bien lié avant d'en enduire la tête du chauve ! L'Histoire ne nous dit pas si les résultats étaient concluants !

A peu près à la même époque, en Mésopotamie, Dieux et guerriers arboraient d'importantes chevelures frisées et tuyautées ou tressées à la manière d'un casque. Des coiffures minutieusement parées et qui nécessitaient l'usage de petits rouleaux, d'onguents et selon certains archéologues, de bâtonnets de silex chauffés au soleil, ancêtres probables du fer à friser. 

 

Les jolies Crétoises (1500 ans avant J.C) aimaient leurs cheveux libres sur les épaules, bouclés ou coiffés en chignon mais toujours parés de fleurs ou de rubans et savamment ordonnés. 

 

En Grèce au Vème siècle avant J.C. les Athéniens portent leurs cheveux courts et bouclés mais ils excellent dans la diversité et la qualité des ondulations. Seuls les vieillards, les philosophes et les artistes gardent leurs cheveux longs. Les chauves cachent leur calvitie sous des perruques afin de n'être pas assimilés aux esclaves qui portent le cheveu ras ou le crâne complètement rasé. Les coiffeurs sont très demandés et courtisés, ils savent tout faire ; raser, tailler les barbes, couper les cheveux, les teindre, épiler les poils disgracieux et disposent d'un matériel important. 

 

Au tout début de notre ère, les perruques font fureur à Rome. Blondes, rousses, brunes voire même de couleur, il était de bon ton de les collectionner pour pouvoir en changer le plus souvent possible.

 

Beaucoup plus tard, entre le Vème et le VIIIème siècle les Germains lissent leurs cheveux qu'ils aiment teints en rouge ou en roux flamboyant. Les cheveux longs sont alors signe de noblesse et de puissance politique. Malheur à celui qui en était privé...

 

Du XIème au XVème siècle, l'art de la coiffure acquiert en quelque sorte ses lettres de noblesse. Il faut aux coiffeurs et coiffeuses imagination et dextérité pour créer presque quotidiennement des coiffures inédites pour les mariages, les bals et les réjouissances fort nombreuses à l'époque dans les familles riches et bourgeoises. 

 

Pour la première fois, apparaît au XIIème siècle, le terme "chauf", pour désigner un crâne dégarni. A noter que le mot n'existait encore qu'au masculin, les femmes étant rarement, à cette époque, atteintes par ce problème. La gente masculine, elle, se perdait déjà dans les essais de remèdes miracles proposés par les charlatans : macérations de plantes, eau de Paturel...

 

Le XIIème siècle voit également éclore moult recettes médicales pour les soins capillaires, lesquelles sont répertoriées dans le plus ancien recueil en Français publié dans le genre avec entre autres des notes et un glossaire "l'Ornement des Dames" (Ornatus Mulierum) de P. Ruelle. 

 

Mini-révolution début XVème avec l'apparition de la coupe "à l'écuelle", la coupe à la Jeanne D'Arc, laquelle avait sacrifié sa belle chevelure pour apparaître plus masculine dans sa tenue de guerrière. 

 

Les XVII et XVIII sont les siècles de la folie absolue des perruques. Hommes et femmes ne sortent plus que parés de faux cheveux. Une industrie prospère pour la France car les perruques s'exportent dans toute l'Europe. Les perruquiers rivalisent d'imagination, rien ne les arrête : leurs créations sont extravagantes, énormes, gênantes et frisent parfois le ridicule. Qu'à cela ne tienne les femmes se disputent leurs faveurs pour avoir le privilège de porter ces véritables architectures aux airs théâtraux. Des coiffeurs confidents de ces dames, véritables équilibristes, qui pour échafauder leurs créations sont souvent obligés de monter sur un escabeau !

 

Les femmes, elles, arborent avec fierté ces coiffures démesurées, sur une tête qu'elles ont bien du mal à tenir droite ! Mais que de sacrifices pour être belles : passer ses nuits assises dans un fauteuil pour ne pas démolir cette savante architecture, serrer des dents et retenir ses mains pour résister à la tentation de gratter son cuir chevelu. Car ces bien encombrantes coiffures attiraient poux et insectes (même des souris...) et sentaient fort mauvais. L'eau étant pour ainsi dire proscrite à l'époque ! 

 

Le 10 Août 1792, la Convention interdit le port de la perruque, synonyme d'une insupportable survivance de l'Ancien Régime. 

Le naturel est de retour avec la coupe à la "Brutus" ou à la "Titus" pour les hommes, cheveux taillés très courts avec quelques mèches sur la nuque et les tempes. 

Cheveux courts et raidis à l'aide d'huiles parfumées pour les femmes, ou chignon classique

à l'antique. 

 

Le XIXème est un siècle calme au niveau coiffure ; si les modes changent selon les décennies et sous l'impulsion des coiffeurs, la mode des cheveux courts est définitivement acquise pour les hommes. Pour les femmes des coques, des bandeaux lisses, des anglaises romantiques, des chignons bouclés mais relativement sobres et dégageant bien la nuque.

 

Que dire du XXème siècle... Qu'au tout début le port du chapeau est quasi obligatoire en toutes circonstances pour les femmes comme pour les hommes et que les coiffeurs s'adaptent pour coiffer leur clients et clientes en tenant compte de cet impératif. 

Vient le temps des années folles, des coupes à la garçonne, crantées ou bouclées pour les femmes, des coiffures gominées pour les hommes.

Avec les années 30, les femmes redécouvrent le plaisir des cheveux longs, naturels et tout en souplesse.

Les changements se font ensuite plus subtils, sous l'impulsion des créateurs : une fois longs, une fois courts, il n'existe plus une tendance mais des tendances. 

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Traitement “magique” contre la chute des cheveux 

à base de crème de morue !

 

Dans les années 50, la coiffure prend son véritable envol. Les jeunes découvrent l'ère du culte de la chevelure avec James Dean et Elvis Presley et leur masse de cheveux gominés et balayés vers l'arrière. Les crinières sont agressives mais terriblement sculptées et travaillées. Têtes crêpées pour les filles et styles "yé-yé" pour les garçons.


Les années 60 bousculent les règles établies. La coupe Beatles fait fureur ! En France, Antoine porte ses cheveux longs ... " je ne les garde pas pour me faire remarquer ni parce que ça fait beau, mais parce que ça me plaît oyé ! "

 

Cheveux longs et style Afro sont de rigueur dans les années 70, rien de comparable pourtant avec les cheveux courts et hérisses des premiers punks dans les années 80. Coiffure Mohican, Iroquoise et crête de couleur ou crâne rasé savamment coloré, la révolte est dans l'air... Les "skins", avec leur crâne chauve, tentent de prouver, à leur façon que la chevelure n'est qu'un aspect extérieur de décadence !

 

Mais les créateurs sont plus sages et les coiffures de ces dernières décennies n'ont pour seul but que de chercher à nous embellir. Les années 90 ont vu naître une nouvelle spécialité : la morphocoiffure. Avant de s'attaquer à vos cheveux, on vous propose une consultation très personnelle : le coiffeur va tenir compte de la silhouette, de l'allure générale, de la façon de se mouvoir, de s'habiller, avant de s'intéresser plus attentivement à la forme du visage.

On parle coupe, couleurs, longueurs en adaptant des calques découpés puis posés sur des croquis. Certains coiffeurs simulent cette transformation sur ordinateur. Il ne suffit plus ensuite qu'à donner son accord !

 

Comme nous venons de le voir, depuis toujours, sans chevelure soignée, ni grâce, ni élégance naturelle, encore moins de présence. 

C’est pour cela que la chute des cheveux entraîne toujours une inquiétude pour les femmes et les hommes, et revêt même pour certains une dimension dramatique.